Humanité et Planète…Cette semaine j’ai été plusieurs fois sollicitée sur ce thème, y compris au travers l’envoi d’une vidéo qu’une amie m’a adressée. Alors j’ai choisi de l’aborder aujourd’hui en commençant par un résumé, que j’ai rédigé, des propos tenus par Arthur Keller. Cet ingénieur en aérospatiale de formation est désormais consultant et conférencier sur les questions d’énergie, de climat et de transition écologique.

Raisonner de façon systémique

Quel est l’impact de notre Humanité sur la planète ? Voilà, selon Arthur Keller, les 3 grandes caractéristiques mesurées pour appréhender notre influence sur la Terre :

  • Les ressources que nous utilisons et prélevons,
  • Les déchets et pollutions que nous émettons et rejetons,
  • Les dégradations que nous réalisons.

En face quelle est la Bio-capacité de celle-là ?

  • Sa capacité à régénérer les ressources que nous captons,
  • Son pouvoir d’absorption de nos déchets,
  • Sa faculté à réparer les dégâts que nous lui infligeons.

On comprend bien, dans une dynamique des systèmes, que l’on ne peut pas avoir un impact écologique qui dépasse trop longtemps les bio-capacités de notre planète. On ne peut pas indéfiniment consommer plus que ce que nous avons de réserves, n’est-ce pas ?

Sylvie Ducattillon Sophrologue Toulouse Foix - Humanité1

Et pourtant…

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Et pourtant c’est bien ainsi que nous fonctionnons, et de façon exponentielle : dégagements de méthane et gaz à effet de serre, acidification et pollutions des océans, déforestations tous azimuts, population croissante, usages des fertilisants et dégradation des sols, croissance des besoins en énergies électriques, pétrolières…

30 % des terres arables de la planète ont été stérilisées depuis les années 70.

N’y a-t-il donc pas de limites ?

  1. Non, répondent assurément certains. Le système est illimité. Nous pouvons continuer à consommer, rejeter, dégrader sans rien changer. La bio-capacité de la Terre continuera, quant à elle, à croître ad vitam aeternam, même dans un espace fini… !

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  1. Pour d’autres il y a bien une limite. Mais notre croissance va progressivement se ralentir de façon à ce que le développement humain demeure « soutenable » pour notre planète. Notre impact « contenu » par la législation et augmentant moins vite, nous resterons ainsi en-dessous de la limite fatidique…

 

  1. A priori nous aurions déjà dépassé cette limite depuis longtemps ! Si l’on en croit ceux qui ont créé le mode de calcul de l’indicateur d’empreinte écologique. Cela aurait eu lieu dans les années 70.

Actuellement la biodiversité est attaquée. La capacité productive des sols décroit. Les produits de la mer diminuent… A force de prélever de façon déraisonnable d’un côté, tout en jetant sans compter de l’autre, la bio-capacité se dégrade sérieusement.

  • Alors pour certains une décroissance, voulue (car elle sera subie, quoiqu’il en soit), devrait être organisée de façon à stabiliser progressivement notre impact autour d’un certain équilibre à respecter.

Ce modèle est certes prôné, mais par une toute petite minorité.

  • Tandis que pour d’autres encore, il faut travailler à réduire notre impact écologique, c’est indéniable. Mais, ce faisant, nous pouvons tout à la fois continuer à accroître notre économie grâce au progrès : la Green Tech !

Ce serait actuellement le modèle « imaginé » le plus répandu. Nous allons pouvoir contenir technologiquement notre impact écologique tout en poursuivant notre croissance économique, avec une quantité de biens et services qui continueront à augmenter.

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  1. Enfin, dernier scénario : on ne s’intéresse pas du tout à l’écologie et on continue sur notre lancée, de façon obsessionnelle. Ce qui correspond plutôt à notre modèle actuel.

La bio-capacité devrait alors se dérégler et se dégrader de plus en plus rapidement, de façon exponentielle vers le bas cette fois-ci. Nous serions d’après certains experts, en 2019/2020, à ce point de bascule du système planétaire. Alors la décroissance s’opérera de fait. Mais de façon violente et rapide, la bio-capacité étant en train de se dégrader à vitesse grand V.

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Tout cela amène à réfléchir :

Il semble important d’être clair et lucide sur l’état de notre monde et des dynamiques en cours.

Il apparaît urgent de se mettre d’accord sur des politiques concertées et coordonnées, au niveau mondial, de décroissance économique et d’exploitation de la Nature. Sans doute, aurait-il déjà fallu commencer dans les années 70-80…

Une grave crise alimentaire dont déjà les prémisses apparaissent, pourrait contribuer à faire émerger une autre logique de production et de distribution. Mais pourquoi attendre ?…

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En 2019, le 10 mai était le jour où l’Union Européenne a épuisé toutes ses ressources annuelles.

« Le Jour du dépassement, c’est le jour à partir duquel nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et cultivé plus de terres que ce que la nature ne peut nous procurer au cours d’une année », explique le WWF dans un communiqué. « Cela marque également le moment où nos émissions de gaz à effet de serre auront été plus importantes que ce que nos océans et nos forêts ne peuvent absorber« .

 

Pourtant, partout où l’on évoque développement vert, durable, soutenable… dans tous les textes officiels relatifs aux enjeux écologiques reste intégrée, encore à ce jour, la notion de croissance économique.

 

Un temps de transition possible

Selon certains experts, il serait encore possible de « choisir » la façon dont le déclin va s’opérer (nous serions devant l’abîme), voire même que ce puisse être gérable, à terme. Et il ne s’agirait plus alors que d’un « temps de transition ».

Pour cela, il faudrait sortir du déni mais aussi de l’égoïsme, et entrer dans l’humilité et la justesse. Arrêter d’exploiter la Nature et l’aider à se régénérer, lâcher la guerre au profit de la solidarité, pour éviter les chaos, paniques, violences… qui ne manqueront probablement pas d’advenir.

Hier, je suis passée devant un reportage TV que regardait mon conjoint.

Le soja… roi incontestable de la déforestation ! Alors que la consommation mondiale de viande augmente constamment, plusieurs ONG internationales tirent la sonnette d’alarme face au désastre écologique provoqué par la monoculture intensive du soja, notamment en Amérique du Sud. Notre penchant pour la viande n’est pas sans conséquences : déforestation et augmentation du nombre de SDF dans les banlieues, qui ne sont autres que les indiens expulsés hors de leur milieu naturel disparu. Selon une estimation de WWF, chaque consommateur français occupe l’équivalent d’un terrain de basket de culture de soja pour sa simple consommation de viande.

Le résultat, à l’échelle de la planète, est vertigineux…

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Certains diront qu’il existe des facteurs naturels de disparition des forêts, tels que des successions d’incendies ou de tempêtes, des attaques de parasites, la modification des pluies ou des vents… Un des cas les plus emblématiques est le désert du Sahara, qui était couvert de forêts il y a 6000 ans, c’est sûr. 

Mais les causes humaines de déforestation sont malheureusement d’une échelle et d’une intensité autrement plus élevées. Au premier rang, on trouve la conversion des forêts en champs cultivés (responsable de 73% de la déforestation), puis l’extension des villes (10%), la construction d’infrastructures telles que les barrages, les routes,… (10%) et l’extraction minière (7%)

Mais loin des yeux, loin du cœur…

D’autres ravages commencent à pointer le bout de leur nez à notre porte. Sans doute pas encore assez pour certains…

Le corps, l’émotionnel doivent parfois crier fort et nous faire suffisamment souffrir pour que nous consentions enfin à faire quelque chose pour nous…

 

« Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas !»

André Malraux aurait prononcé au siècle dernier cette phrase devenue mythique.  Souvent citée mais tout aussi controversée, peut-être. L’a-t-il écrite ou seulement dite ? Et surtout, de quoi est-il vraiment question ?

Cette phrase ne figurerait dans aucune des œuvres publiées de Malraux. Elle aurait été rapportée par des témoins auditifs dont le journaliste André Frossard, qui écrit dans Le Point du 5 juin 1993 :

[…] la phrase de Malraux sur le XXIe siècle a bien été dite, j’en témoigne, puisqu’elle a été prononcée devant moi, au cours d’une conversation dans le bureau de la rue de Valois. Je ne me souviens pas de la date (en mai 1968, je crois), mais je me souviens de Malraux me disant, à propos des événements :  La révolution, c’est un type au coin de la rue avec un fusil ; pas de fusil, pas de révolution. Puis, passant comme toujours de l’histoire à la métaphysique, il a eu la fameuse formule que l’on cite toujours de façon inexacte. Il n’a pas dit : « Le XXIe siècle sera religieux… ou spirituel… », mais « Le XXIe siècle sera mystique ou ne sera pas », ce qui n’est pas du tout la même chose.

 

Peut-être s’agit-il d’un espoir prophétique et visionnaire, mais né d’une certitude : « Il est très rare qu’une civilisation ne se fonde pas sur des valeurs spirituelles. ». Reste à savoir de quelle spiritualité il s’agira…

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Vers plus de Conscience

De mon côté, j’opte pour la Conscience. Un monde plus conscient et respectueux de lui-même, dans son individualité comme dans sa globalité. Pour recréer alors des écosystèmes plus équilibrés, plus solidaires et respectueux, et qui font « sens » pour tous. Loin du savoir, plus proche de la connaissance.

Le monde malade aujourd’hui n’est-il pas le reflet de la « normopathie » ambiante, communément répandue, et qui nous déconnecte de notre véritable nature ?

Chacun détient une clé : la sienne, à la fois pour élever son niveau de conscience et agir autrement vis à vis de soi-même et autour de soi.

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de Conscience négativiste ou catastrophiste, plutôt de Conscience responsable, sachant faire face à une réalité qui n’est pas niée mais appréhendée de façon énergique et constructive, comme il se doit.

Chacun, à sa place, est en mesure d’agir à minima mais sûrement,  de trouver les moyens de faire sa part. Chacun peut trouver, retrouver, les valeurs, les activités et les rencontres qui l’épanouissent … peut exercer le métier qui lui ressemble, l’éveille, et le nourrit…

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Sylvie Ducattillon

Sophrologue et Psychothérapeute, une double compétence pour mieux vous accompagner

06.89.60.12.99 – à Toulouse et Foix

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