Victime pour relationner, est-ce une bonne idée ?

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Victime…?

La semaine dernière j’ai croisé un voisin que je n’avais pas vu depuis quelques temps.

« Bonjour, comment allez-vous ? me lança-t-il, et il enchaîna aussitôt. Moi j’ai de nouveaux problèmes. Je me suis cassé des côtes. C’est douloureux, surtout en cette saison ! ». Naturellement, je me mets à son écoute, lui apporte un peu d’empathie.

Après un moment, il ajouta : « Et vous, comment allez-vous ? ». « Bien ! lui répondis-je en souriant, merci. »

Là, … un blanc, que j’ai vite interprété comme une forme de « déconvenue » et qui me poussa à ajouter aussitôt : « Pas à pas, bien sûr », comme pour m’excuser et temporiser le choc. Et comme je cherchais à croiser son regard, il me rétorqua : « Je vous laisse, j’ai des choses à faire. » Et il me tourna le dos rapidement sans même que j’ai pu ouvrir la bouche…

C’est sur l’image d’une silhouette lointaine que j’ai pu émettre un « Au revoir ! ».

 

Cet échange me laissa pensive…

Il me ramena aussi quelques années en arrière, lors d’un stage que j’effectuais auprès de feu Guy Corneau, et Pierre Lessard. Nous étions quelques rares à être en bonne santé au cœur d’un groupe où la majorité des personnes était malade. Et nous avions émis notre difficulté à oser exprimer notre bonne santé quand, tout autour de nous, il n’y avait que cancers. Profond sentiment de gêne, presque d’exister …

Certains des participants nous ont alors encouragés, nous signifiant qu’au contraire cela représentait pour eux un espoir, un stimulant, un rayon de soleil ! Cela me rassura sur le fait que je pouvais oser être pleinement moi, partout, et être accueillie, même si j’étais différente. Et que je n’étais pas seule, il y avait quelques personnes dans le même cas, tout aussi discrètes…

D’autres se sont tus, n’osant s’avouer à eux-mêmes ou exprimer la réalité de ce à quoi cela les renvoyait… victimes?

Ce jour-là me fut précieux. J’ai choisi : être moi, pour soutenir ceux que ça peut encourager, réconforter – même si je ne plaisais pas à tous, d’ailleurs, c’est impossible – plutôt que chercher à me recroqueviller pour ne pas être vue, là n’aider personne, même pas moi.

Etre victime, critiquer, râler, se plaindre, … semble être devenu des moyens courants d’échanger, de partager, de se mettre et se sentir sur une même longueur d’onde. Au diapason.

On se sent moins seul, associé au groupe.

Pour certains, cela peut même leur permettre de retrouver des forces. En cherchant à réconforter l’autre, à le consoler, à lui trouver des options possibles … ils se sentent moins victime, alors plus confiants, plus puissants l’espace d’un instant, comme « supérieurs ». Allant parfois rapporter au retour, à qui veut bien l’entendre, comment ils ont aidé tel ou tel qui n’en avait pas les moyens, pour mieux se rassurer sur eux-mêmes.

Pour d’autres, c’est le moyen d’attirer l’attention. Une stratégie, pour que l’on s’occupe un peu d’eux. Même si, en fait, il ne s’agit parfois en face que de faire mine de le faire…

Bien sûr, j’ai pratiqué ces différents versants, tour à tour. Et puis un jour, en chemin, réalisant les choses, je me suis interrogée : « Et moi alors, dans tout cela, qu’est-ce que j’aime partager d’autre, qui me nourrit et peut entretenir autrement la conversation ? ».

Voici quelques-unes de mes réponses…

Le nouveau livre d’un de mes auteurs favoris, ou sur un thème qui me passionne

Le dernier film vu au ciné

Une idée de balade, de découverte réalisée, et surtout narrée par l’autre qui m’en parle avec tellement d’enthousiasme que ça me donne envie d’y aller

Ma compréhension du jour

La joie du moment, ou une blague, une espièglerie

La dernière pitrerie de mon chat

La beauté de la pleine lune d’hier …

… enfin, quelque chose qui ouvre, qui donne du champ, qui invite l’autre à s’ouvrir sur le beau, la joie. Quelque chose qui nourrit l’autre et celui qui parle, qui fait rire, sourire …

Victime, est-ce que pour autant, il s’agit de nier le reste ?

Non, bien sûr. Mais une fois l’observation réalisée des problèmes, que fait-on ? Ressasser, rabâcher contribue en quoi ?

A force de voir la vie en noir, on en perd le soleil, la lumière. Bien sûr il ne s’agit pas d’inventer, mais de regarder avec authenticité, pourtant je sais, par expérience, que, même dans les moments douloureux, il y a toujours une goutte de miel, de nectar à apprécier.

Et si l’on s’habitue – car nous sommes avant tout des êtres d’habitude, qui agissons par mimétisme, ne l’oublions pas – à porter notre regard sur ce pourquoi on peut rendre grâce malgré tout, alors un malheur perd de sa force, de son poids… ne serait-ce que le fait d’être encore en vie.

certains sourient malgré leur misère

C’est lorsque l’on perd les choses aujourd’hui que l’on se rend compte qu’elles sont précieuses pour nous :

  • Celui qui n’a plus d’eau, réalise son importance dans sa vie.
  • Qui perd la vue, se rend compte du cadeau qui lui était donné.
  • Pourquoi attendre de se casser une jambe, pour comprendre la joie de pouvoir marcher, courir à son aise …

 

Alors, oui la société actuelle est loin d’être juste.

Oui, il y a beaucoup de choses inadmissibles qui se passent sur Terre. Et oui, nous en faisons, pour bon nombre, les frais, même si c’est dans des proportions différentes.

Mais cela n’a rien à voir avec la vie ? Cela a à voir avec la société humaine, son organisation, développée par des individus coupés de l’amour et qui ne songent, par peur, qu’à prendre le pouvoir sur autrui, l’exploiter pour mieux se servir.

Rien à voir avec la justesse de la vie. C’est bien la justice des hommes qui pose problème, celle que nous avons aidé à construire et à laquelle nous contribuons chaque jour , par action ou inaction.

Qu’il y ait des choses à faire ou pas n’est pas mon propos du jour. Je veux simplement dire que s’apitoyer n’aide en rien. L’impuissance fatigue et vide.

Par contre, se nourrir au quotidien de tous les cadeaux que la vie nous offre concrètement et réellement, et que nous ignorons, ne savons plus voir la plupart du temps, restaure l’énergie, rend plus puissant. Et je ne vous demande pas ici de me croire, mais d’en faire l’expérience par vous-même, durant une période suffisamment longue.

Mais critiquer, aller se plaindre, sape notre vitalité peu à peu.

J’en réfère à mes propos sur le lien fort corps-esprit que je décris souvent.

Pensez à un bon souvenir et voyez ce qui se passe dans votre corps.

Rappelez-vous quelque chose qui vous agace, vous met en colère ou vous rend triste et observez les changements et sensations dans votre corps

à l’instant alors que vous me lisez

à l’instant alors que tout est déjà du passé

Maintenant, tenez-vous droit : le ventre rentré, le dos droit, les épaules en arrière, le regard fixé loin devant. Comment vous sentez-vous intérieurement ?

Puis, à l’inverse, asseyez-vous au port de la chaise, jambes croisées, les mains entre les cuisses, le dos légèrement voûté, les épaules en avant, la tête tombante. Cette fois, c’est comment à l’intérieur ?

J’espère que vous avez pu percevoir combien les pensées que nous émettons impactent directement votre corps, à l’instant. Notre cerveau n’a aucune notion de réel ou d’imaginaire. Une fois qu’une information lui arrive, il active, en fonction, les organes du corps pour nous permettre d’agir. Tout comme notre posture influe directement sur notre sentiment intérieur de confiance et puissance.

Critiquer, râler, se plaindre, impacte directement notre propre corps, le met en tension. Si nous le faisons souvent, nos batteries s’épuisent. Et nous nous enlisons si nous ne venons pas régénérer celles-ci au fur et à mesure. Ceci, au-delà de l’événement qui s’est effectivement produit ; encore une fois il ne s’agit pas de nier quoi que ce soit qui mérite traitement, mais de nous donner les moyens de retrouver l’énergie nécessaire pour, justement, pouvoir agir en conscience.

Alors à vous de savoir ce que vous voulez cultiver dans votre jardin : des pierres ou des roses ?

 

 

 

 

 

 

Moi j’ai choisi. Même si elles portent encore des épines, elles m’apportent surtout leur mosaïque de petits plaisirs.

Cultiver l’art, l’habitude de voir le beau en soi, autour de soi sans pour autant nier les ombres en soi et autour de soi, qu’il s’agit alors de gérer en conscience une fois l’énergie suffisante acquise par ailleurs, voilà mon invitation du jour. Vous n’en aurez que la vie plus belle, pas à pas 😉

J’espère avoir pu attirer votre attention sur certains de nos comportements et vous avoir donner quelques moyens d’y remédier. Et si vous voulez aller plus loin, n’hésitez pas à venir vers moi.

je vous remercie d’avance, si vous trouvez cet article intéressant ou utile, de bien vouloir le partager à ceux à qui cela pourrait rendre service – et éventuellement de me laisser un petit commentaire ci-dessous

Sylvie Ducattillon

Sophrologie, Psychothérapie – Toulouse et Foix : 06.89.60.12.99

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