Peut-on vraiment prendre ma place ?

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Prendre ma place…

On entend souvent dire : « il/elle a pris ma place », ou encore : « il faut laisser sa place »… En tous cas, moi, je l’ai beaucoup entendu.

Et voilà ce qu’il m’est arrivé ce week-end.

 

J’étais en formation à Montpellier. Et arrivée un peu à l’avance, j’ai déposé mes affaires sur une chaise libre qui me convenait.

Il faut dire que j’aime bien « sentir » avant de m’installer. Je ressens la place avant de m’y poser, comme déjà, un peu avant, sur le parking. Celui-ci est immense mais c’est loin de l’entrée, sous un magnifique arbre, que j’avais senti l’appel du jour.

Là, j’avais donc choisi, la chaise, l’endroit qui me parlait le plus, en fonction de la configuration à mon arrivée.

Puis je suis partie à l’aventure, rencontrer et discuter avec ceux que la vie plaçait sur mon chemin avant de commencer.

 

Quelle ne fut pas ma surprise, en revenant, de constater en m’asseyant que je ne me sentais pas si bien à cette place… Ou plutôt, j’avais le sentiment d’être un peu « décalée », un peu trop à gauche.

Mais je passe… et je me mets à discuter avec ma voisine de gauche A. à qui on venait manifestement de déplacer les effets et qui m’exprimait son indignation.

Et tandis que nous continuions à discuter d’autres choses, j’entendis ma voisine de droite B. m’interpeller. Mais comme je conversais avec la première, je ne lui répondis pas.

Alors elle plaça sa main sur ma cuisse en me secouant, pour que je me tourne enfin vers elle.

J’interrompis donc ma conversation avec A., en m’excusant, et me mis en disposition d’écouter B.

C’est alors qu’elle me demanda de l’excuser car elle avait, me dit-elle « pris ma place et déplacé mes affaires parce qu’elle avait, elle, besoin de préserver ses repères ».

 

C’est avec étonnement que j’ai d’abord accueilli ces propos. Puis j’ai vite senti une grande colère monter en moi !

Non seulement, elle aurait pu me le demander au préalable, mais ensuite c’est au mépris de ce que j’étais en train de faire qu’elle était venue m’imposer son excuse « à deux balles ! ».

 

J’aurais pu balayer rapidement d’un revers de main intérieur ce qui venait de se produire après m’être exprimée. Pas si grave après tout ! Mais ce n’est pas ce qui se produisit…

J’ai progressivement senti une grosse tristesse monter : « on venait de prendre, encore une fois, ma place ! » et c’était douloureux.

 

La formation a commencé. Et, tout en écoutant, je sentis de grosses larmes, très rondes, très chaudes, couler le long de ma joue.

A la pause déjeuner, j’ai préféré m’isoler pour passer un moment, seule avec moi, pour m’accueillir, m’entendre, mieux me comprendre.

Déjà l’après-midi me fut beaucoup plus douce et légère.

Et j’ai même pu passer une merveilleuse soirée avec plusieurs autres participants. Je dirais même, une soirée « magique », comme hors du temps, en me reconnectant à mes profondeurs.

 

C’est en rentrant ensuite dans ma chambre d’hôtel que j’ai alors pris conscience de ceci :

« On ne peut pas prendre ma place !

On ne pourra jamais prendre ma place. Personne.

Parce que c’est MA place.

Je suis un Être unique, différent et unique, même si de même valeur que chacun. Chaque Être est unique. Et personne d’autre que moi ne peut être qui je suis, rayonner qui je suis, faire et offrir ce que je suis…

On peut peut-être chercher à me copier. On peut faire des choses approchantes. Mais personne ne pourra jamais être et faire exactement comme moi. C’est cela la réalité.

Ainsi, on peut prendre ma chaise, mais pas MA place.

Parce que c’est la mienne, et que je suis la seule et unique à pouvoir l’occuper.

En revanche, est-ce que je le fais ou pas ?

Prendre sa place… le dire réveille déjà tellement de choses… et ce peut être tellement confrontant.

Je peux me sentir loin de moi, ou céder à mes conditionnements, ou encore mes angoisses, mes peurs… et ne pas l’accepter, ne pas oser…

Mais tout cela m’appartient.

Là est ma responsabilité de moi vis-à-vis de moi. »

prendre ma place

 

Sans doute y a-t-il mille autres compréhensions à tirer de cet évènement, mais j’espère que mon partage du jour pourra vous parler.

Et je vous souhaite une très belle semaine.

 

SyLogo Sylvie Ducattillon Sophrologue Toulouse et Foixlvie Ducattillon

Sophrologue et Psychothérapeute, une double compétence pour mieux vous accompagner

06.89.60.12.99 – à Toulouse, à Foix et en ligne

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